L’abbé intégriste don Giulio Tam. Plus radical que lui tu meurs.

Ce curé sans ministère dont même les lefebvristes ne veulent plus

Article écrit de manière décadente en kiffant la vibe en direct de l'underground éléctronique berlinois

Alexandre Gabriac Don Giulio Tam

Tout le monde est aujourd’hui familier des frasques d’Yvan Benedetti et de son organisation, il faut dire que ce dernier déploie des efforts considérables dans ce sens. Jeune Nation, l’organisation fondée par Pierre Sidos et ses frères peu après la libération s’est maintenue durant cinquante cinq ans après sa dissolution à travers l’Oeuvre Française. Yvan Benedetti ne l’aura présidé que pour une courte durée d’à peine un an. Celle-ci étant aujourd’hui dissoute, une énième structure visant à administrer l’héritage pétainiste a été mise en place avec l’association “Les amis de Pierre Sidos”. Un nouveau local a été ouvert dans le quartier bourgeois du vieux Lyon qui garde le nom de la « Maison Bleu » (anciennement située dans le quartier populaire de la Guillotière, elle avait malencontreusement brûlé durant l’hiver 2012). Le local parisien de la défunte Oeuvre Française à Paris a été quant à lui dépoussiéré pour prendre le nom de La Tanière.

 

Si le groupuscule en question semble se suffire à lui même, il existe malgré tout un certain nombre de personnages moins connus mais tout aussi haut en couleurs qui gravitent autours de ces nostalgiques du fascisme. L’abbé catholique intégriste don Giulio Tam est l’un d’eux-ci et pas le moindre…

 

Un fasciste précoce..

Angela Maria Tam

Chez Don Giulio Tam il s’agit au départ d’une affaire de famille. Sa tante, Angela Maria Tam, était une professeure membre du tiers-ordre des Franciscains. Sous le fascisme elle s’engage dans le « corps d’armée auxiliaire des femmes ». Capturée par les partisans à la libération, elle est emprisonnée à Sondrio et fusillée le 6 mai 1945. Angela Tam est par la suite devenue un symbole pour de nombreux fasciste et reçoit des hommages réguliers de la part du MSI (Movimento Sociale Italiano, parti fondé par Giorgio Almirante et d’autres dignitaire du régime après la guerre pour succéder au parti fasciste suite à son interdiction). Giulio Maria Tam nait à Valtellina quelques années plus tard, en 1950. On peut aisément imaginer que la survivance de l’idéologie mussolinienne en Italie et la mémoire de sa tante qu’elle a contribué à maintenir, ont dû bercer ses jeunes années. La religion catholique a sans aucun doute été très présente dans son entourage comme chez beaucoup d’italiens. Il ne s’agit là que de suppositions. On en sait peu sur sa jeunesse si ce n’est qu’il se revendiquera fasciste dès l’âge de 15 ans avant de rejoindre les intégristes de Alleanza Cattolica où il commencera son militantisme.

Contre Vatican II, chez les lefebvristes de la Fraternité Saint Pie X.

Fermement opposé au Saint Siège et à la modernisation de l’Église, il va se rapprocher des partisans de Mgr Lefebvre. Le sujet n’ayant pas encore été abordé sur le site, il mérite un petit rappel. Marcel Lefebvre est le principal représentant de l’opposition réactionnaire des traditionalistes au concile Vatican II. Celui-ci s’est tenu entre 1962 et 1965, on lui doit en grande partie l’Église Catholique sous sa forme actuelle. Plusieurs changements opérés alors au sein de l’Église et dans les pratiques religieuses vont se heurter à l’opposition des traditionalistes. Parmi eux le principal est sans aucun doute l’abandon progressif du « rite tridentin« . C’est à dire, entre autre, de la forme liturgique traditionnelle où la messe est dite en latin, où les fidèles se tiennent à genoux et où le prêtre leur tourne le dos. Le nouveau « missel romain » (livre liturgique rassemblant les chants et les prières) de 1969 qui fait suite au concile et où certaine prières sont modifiées (notamment celle pour les juifs) déclenche la colère chez ces catholiques réactionnaires Un autre point de divergence fondamental est le refus par les traditionalistes de l’œcuménisme et de manière plus globale de toute forme de dialogue inter-religieux. La reconnaissance de la liberté de conscience est également fermement condamnée, le catholicisme étant conçu comme la seule religion véritable, devant évangéliser et convertir ceux qui ne lui sont pas soumis.

Mgr Lefebvre

En novembre 1974 Mgr Lefebvre rédige un manifeste dans lequel il déclare « Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. […] Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques.« 

Derrière ce clivage qui semble principalement d’ordre religieux et liturgique se cachent en réalité d’autres aspects beaucoup plus politiques. Les traditionalistes sont par exemple profondément antisémites. Sur le plan religieux ils ne supportent pas les modifications relatives aux accusations de parjure et de déicide faites dans le nouveau missel. Dans la réalité politique une majorité de traditionalistes se retrouvent dans le soutien apporté par Pie XII et son prédécesseur aux régimes autoritaires européens de Franco, Salazar ou Mussolini. Ou du moins ils reprochent à l’Église de trop s’en excuser et de ne pas s’être assez indignée des épuration de la Libération. La « libéralisation » de l’Église les effraie, ils la conçoivent comme une décadence et une faiblesse face aux autres religions, au matérialisme et au socialisme. Férocement conservateurs ils adhèrent à un catholicisme dogmatique et contre-révolutionnaire.

Adolf Hitler Pie XII

À partir de 1969 la majorité des traditionalistes vont se regrouper au sein de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X fondée par Mgr Lefebvre qui ouvre dans la foulée son séminaire à Écone. Les traditionalistes peuvent être divisés en trois formes distinctes, les sédévacantistes (qui considèrent que le Saint-Siège est vacant depuis 1968 et que tous les papes depuis sont des imposteurs), les schismatiques (principalement les disciples de Lefebvre ayant été excommuniés ou ayant quitté l’Église Catholique tout en continuant de reconnaître cette dernière et ses dirigeants sans pour autant la soutenir de manière systématique) et les non-schismatiques restés au sein de l’Église Catholique (Fraternité Saint-Pierre, Institut du Christ Roi..). Le père Don Giulio Tam est cependant difficile à classer parmi ces catégories…

En 1980 Giuio Tam prononce ses vœux à Écone. C’est un homme d’action et en tant que tel il va être chargé de diverses missions de première importance qui vont rapidement lui faire occuper une place de choix dans la fraternité et à gagner la confiance de Mgr Lefebvre. Ils vas être amené à effectuer des missions dans différents pays du globe qui lui vaudront le surnom de « jésuite itinérant« .

Un itinéraire qui passe par l’évangélisation et les croisades anti-subversives.

Après l’Europe le terrain de prédilection de la Fraternité Saint Pie X dans sa croisade anti-conciliaire va être l’Amérique latine. La population y est très catholique et le clergé y est d’autant plus conservateur que l’agitation sociale s’y fait de plus en plus entendre et que les activités subversives des différentes guérillas communistes menacent leur emprise sur les populations. Le sud du continent va rapidement voir apparaître un district de la fraternité. Peut-être en raison notamment de la forte immigration à partir de l’Europe d’individus idéologiquement proches des intégristes dans cette région du monde entre 1944 et 1946.

Mgr Lefebvre y soutiendra ouvertement le général Augusto Pinochet et son régime dictatorial au Chili. Il déclarera en avril 1987, « Dès qu’un homme se lève pour sauver son pays du communisme et qu’il rétablit l’ordre chrétien, on fait tout pour le discréditer. Il n’y a pas un pays où l’on puisse circuler aussi librement qu’au Chili » et dans Pacte la même année « Je ne dis pas que son régime soit parfait, mais du moins trouvons-nous les principes chrétiens pour programme fondamental de son orientation politique. C’est un homme de justice et d’ordre et il favorise la présence de l’Église catholique…« .

Comme il l’avait fait lors de l’instauration des régimes fascistes européens mais aussi par exemples brésilien (celui de Getúlio Vargas), le catholicisme vas jouer un rôle de premier plan dans la contre-subversion à cette époque. Les communistes s’ajoutant aux ennemis traditionnels des intégristes et de l’extrême-droite. Les liens qui ont existé entre fascisme et catholicisme vont se perpétuer sur le continent sud-américain. Pour beaucoup de traditionalistes il s’agit à proprement parler d’une « croisade », non seulement contre le communisme, mais aussi pour restaurer ce qu’ils considèrent comme attaqué par ce dernier tout comme par les régimes « démocratiques » et l’Église « conciliaire ». Il s’agit de réhabiliter la Tradition mais aussi et surtout de se donner les moyens de l’imposer. En cela ils font partie intégrante de l’extrême-droite contre-révolutionnaire, cependant le catholicisme dont ils se revendiquent se veut intégral et intransigeant. L’intégrisme religieux n’est donc pas conçu comme un moyen parmi d’autres de restaurer la Tradition (comme c’est le cas dans certains courants de l’extrême-droite) mais comme un but ultime (le gouvernement doit être théologique et le pouvoir religieux doit s’appliquer à tous les domaines de la vie et à tous les aspects de l’existence humaine).

Subversion et contre subversion

Catholicisme d’extrême droite et croisade anti-subversive : Revue Française de sociologie 1961

évangélisationEn Amérique centrale et particulièrement au Mexique où le jésuite Joaquín Saenz y Arriaga exerce une influence certaine, le courant traditionaliste est majoritairement sédévacantiste. Il s’agit donc pour les disciple de Lefebvre de mener un combat acharné pour ramener un maximum de traditionalistes dans leur giron alors que la quasi totalité des prêtres intégristes sont sur la ligne de Saenz y Arriaga et de son ouvrage « Sede Vacante ». En 1984, quand la Fraternité Saint Pie X décide d’y ouvrir un district, c’est Don Giulio Tam qui est envoyé en première ligne sur le terrain, accompagné de Ramon Anglès. La fraternité est alors maintenue par Mgr Lefebvre alors qu’elle a théoriquement été dissoute par le Vatican en 1975 et les ordinations de prêtres se poursuivent à Écone sans mandat de l’Église et malgré les avertissements de celle-ci. Les traditionalistes sont alors en rébellion ouverte au sein même de l’institution. Durant deux ans nos deux missionnaires de la contre-révolution catholique vont s’acharner à faire le tour de des groupes traditionalistes dans tous les États du Mexique pour en regrouper suffisamment au sein de la fraternité. Quand Don Giulio Tam repart deux ans plus tard, il a accompli sa mission et le district est une réalité.

Quelques années plus tard, en 1988, on le retrouve au Brésil. Mgr Lefebvre vient tout juste d’être excommunié. Alors qu’il est entré en dissidence contre l’Église « conciliaire », le Pape et ce qu’il considère comme une « nouvelle religion » (et donc une hérésie), Mgr Lefebvre a réussi durant deux décennies à mener ses activités au sein de l’Église et a défier sa hiérarchie. Lorsqu’il prend la décision d’ordonner à Écone le 30 juin 1988 sans autorisation quatre nouveaux évêques pour assurer la transmission de la Tradition (mise en danger à ses yeux par les suites de Vatican II), la rupture est consommée. Dans une lettre aux futurs évêques il écrit:

« La chaire de Pierre et les postes d’autorité de Rome étant occupés par des antichrists, la destruction du Règne de Notre Seigneur se poursuit rapidement à l’intérieur même de son Corps mystique ici-bas […] Dieu a suscité la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X pour le maintien et la perpétuité de son sacrifice glorieux et expiatoire dans l’Église. Il s’est choisi de vrais prêtres instruits et convaincus de ces mystères divins. Dieu m’a fait la grâce de préparer ces lévites et de leur conférer la grâce sacerdotale pour la persévérance du vrai sacrifice, selon la définition du Concile de Trente. C’est ce qui nous a valu la persécution de la Rome antichrist. Cette Rome, moderniste et libérale, poursuivant son oeuvre destructrice du Règne de Notre Seigneur « 

En prononçant les ordinations il est parfaitement conscient de ce que cela implique et déclare à ses hôtes « …c’est parce que l’on sait que ces prêtres seront fidèles à la messe de l’Église, à la messe de la Tradition, à la messe de toujours, qu’on nous presse de ne pas les ordonner« . Lors des sacrements il déclare dans son sermon, « Cette messe [la messe Paul VI qui remplace le rite tridentin NDR] n’est pas une messe hiérarchique, c’est une messe démocratique, et cela est très grave. C’est l’expression de toute une nouvelle idéologie: on a fait entrer l’idéologie de l’homme moderne dans nos rites les plus sacrés. » et de poursuivre « Nous ne les acceptons pas, nous n’acceptons pas la bible œcuménique. Il n’y a pas de bible œcuménique…« .

Lors des ordinations Mgr Lefebvre est assisté d’un prélat brésilien à la retraite, l’ancien évêque de Campos, Mgr de Castro Mayer. Celui-ci est excommunié en même temps que Mgr Lefebrvre et les quatre nouveaux évêques. Un conflit va alors éclater au sein du clergé catholique au Brésil, opposant les traditionalistes aux évêques de Santa-Cruz et Rio pour le contrôle de divers lieux de cultes. Une partie de ceux-ci rallieront les traditionalistes de Campos et occuperont une partie des monastères et des églises de la région. La Fraternité Saint Pie X ne manquera pas de leur envoyer de l’aide et c’est Don Giulio Tam qui sera dépêché sur place pour maintenir le district du Brésil et l’étendre. Une tache dont il s’acquitte avec succés.

Par la suite Giulio Tam exercera également en Suisse, en France, en Italie, en Espagne et dans bien d’autres pays.

Un propagandiste de la haine.

Notes sur la révolution dans l'ÉgliseAu cours des années 90 Don Giulio Tam va également mettre sa plume au service des idées réactionnaires et rétrogrades de ces supérieurs. Il est alors déjà l’auteur d’un ouvrage intitulé « Notes sur la révolution dans l’Église » paru en 1986 aux édition Fideliter (affiliées à la FSSPX, la revue éponyme continue de paraître mais elles portent aujourd’hui le nom d’éditions Clovis). En 1990 il est, entre autres missions, chargé par Mgr Lefebvre d’éplucher minutieusement l’Osservatore Romano (quotidien du service officiel d’information du Vatican). L’objectif est de dénicher et de recenser dans la communication du Vatican tout ce qui s’apparente à des incohérence et des hérésie de l’Église dite « conciliaire » (cette expression est employée par les traditionalistes pour s’en distinguer sans pour autant se considérer hors de l’Église catholique romaine).

L’année suivante Mgr Lefebvre officialise le travail de Giulio Tam dans une courte lettre: (daté du 4 mars 1991) destinée à servir de préface à l’ouvrage de ce dernier, Documentation sur la révolution dans l’Église. Ce seront les derniers mots qu’il écrira, il décède sur la route pour Paris, quatre jours plus tard, le 8 mars 1991.

« Monsieur l’Abbé Giulio Tam, membre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X, d’origine italienne, recevant quotidiennement L’Osservatore Romano, journal officiel de la Curie Romaine, a cru bon, pour l’information de ses confrères, de collectionner les passages les plus significatifs des discours du Pape et des autorités romaines sur les sujets les plus actuels.
Ce regroupement jette une lumière tellement fulgurante sur la Révolution doctrinale inaugurée officiellement dans l’Église par le Concile et continuée jusqu’à nos jours, qu’on ne peut s’empêcher de penser au « Siège d’iniquité » prédit par Léon XIII, ou à la perte de la foi de Rome prédite par Notre Dame à la Salette.
La diffusion et l’adhésion des autorités romaines aux erreurs maçonniques condamnées maintes fois par leurs prédécesseurs est un grand mystère d’iniquité qui ruine dans ses fondements la foi catholique.
Cette dure et pénible réalité nous oblige en conscience à organiser par nous-mêmes la défense et la protection de notre foi catholique. Le fait d’être assis sur les sièges de l’autorité n’est plus, hélas ! une garantie de l’orthodoxie de la foi de ceux qui les occupent. Le Pape lui-même diffuse désormais sans discontinuer les principes d’une fausse religion, qui a pour résultat une apostasie générale.
Nous donnons donc ci-joint les textes, sans commentaires. Les lecteurs pourront juger par eux-mêmes, et par les textes des papes d’avant le Concile.
Cette lecture justifie amplement notre conduite pour l’entretien et la restauration du Règne de Notre Seigneur Jésus-Christ et de Sa Sainte Mère sur la terre comme au Ciel.
Le restaurateur de la chrétienté c’est le prêtre par l’offrande du vrai sacrifice, par la collation des vrais sacrements, par l’enseignement du vrai catéchisme, par son rôle de pasteur vigilant pour le salut des âmes.
C’est auprès de ces vrais prêtres fidèles que les chrétiens doivent se regrouper et organiser toute la vie chrétienne. Tout esprit de méfiance envers les prêtres qui méritent la confiance, diminue la solidité et la fermeté de la résistance contre les destructeurs de la foi.
Saint Jean termine son Apocalypse par cet appel Veni Domine Jesu, Venez Seigneur Jésus, apparaissez enfin sur les nuées du Ciel, manifestez votre toute Puissance, que votre Règne soit universel et éternel.
Ecône, le 4 Mars 1991 »

Depuis plus de deux décennies l’Abbé Don Giulio Tam mène le travail qui lui a été confié de manière constante et acharnée. Cela s’est traduit jusqu’en 2011 par la parution régulière de sa « Documentation sur la révolution dans l’Église » d’une part, mais aussi de ses « Bulletins des Amis de Saint François de Sales » (parution mensuelle). Et même si l’essentiel de cette production est censé être consacré à la critique de la politique de l’Église catholique, Giulio Tam y fait également preuve d’une orientation réactionnaire et rétrograde difficilement égalable (antisémitisme, racisme, homophobie, sexisme, conspirationnisme, tout y passe) et ne cherche même pas à épargner au lecteur ses aspirations proprement fascistes.

Dans le discours conspirationniste de Giulio Tam les juifs et les franc-maçons sont rendus coupables de tous les maux de l’humanité et le peu dont il ne sont pas responsables est attribué au libéralisme protestant voire carrément au satanisme. L’homosexualité, le droit des femme à disposer de leurs corps ne sont pas en reste et sont fustigés à longueur de publications comme des conséquences néfaste des forces maléfique à l’œuvre dans le monde moderne. Notre dévoué propagandiste se donne même la peine de réaliser des schémas pour illustrer son propos…

Capture du livre 8 revolu° mariage 2

Dans le discours de Don Giulio Tam, la conception chrétienne de la création du monde et l’interprétation biblique de l’évolution des premières société humaines semblent se mêler avec des références réactionnaires beaucoup plus récentes. Ainsi, en plus de l’inspiration que constitue le fascisme historique pour ce prêtre fanatique, on a l’impression de voir transparaître le même décadentisme et les même fantasmes que ceux du Kulturpessimismus d’un Oswald Spengler ou d’un Carl Schmitt.

On y retrouve à peu de chose près la même conception cyclique de l’histoire. Une représentation historique fantasmé, avec son « âge d’or », situé avant l’Aufklärung (équivalent allemand des Lumières), dans une période où l’inégalité était conçue comme naturelle et où les prêtres contraignaient encore les populations à ne pas s’aventurer hors de l’obscurantisme de la religion. A ceci près que chez l’abbé Tam c’est le XIIIème siècle, alors qu’il s’agit du Saint Empire Romain Germanique chez les Jungkonservativen, Spengler et Schmitt. Une apogée et forcément un déclin, dont sont considérés responsables une ou plusieurs des « élites décadentes » (juives, franc-maçonnes, homosexuelles…) ainsi que le libéralisme, le socialisme etc etc…

Le résultat s’apparente à un messianisme théologico-fasciste indigeste dont il nous fait aussi des schéma.

Capture livre 8 révolu° mariage

L’une des particularités des publications de Giulio Tam réside dans les attaques personnelles répétée que l’on y trouve à l’encontre des dignitaires de l’Église catholique. Dans cette démarche de dénonciation des « hérétiques » et autres prêcheurs d’apostasie, certains vont incarner des cibles de choix. C’est le cas du cardinal Joseph Ratzinger, sur qui Giulio Tam n’aura de cesse de taper. Le futur pape est alors président de plusieurs commissions théologiques au Vatican, mais aussi et surtout préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Cette dernière est l’héritière de l’Inquisition et comme son nom l’indique s’occupe principalement de veiller à la pureté de la doctrine et des affaires de moeurs au sein de l’institution. Ratzinger est de ce fait un responsable tout désigné pour Don Giulio Tam.

tract Don Giulio Tam

tractDon Giulio Tam

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À la fin des années 90, les relations tendent à se dégeler entre le Vatican et la Fraternité Saint Pie X. Mgr Bernard Fellay (actuel supérieur général de la FSSPX) demande à Giulio Tam de cesser le travail que lui avait confié Mgr Lefebvre, ce que celui-ci refuse. Le propagandiste du clérico-fascisme, adversaire farouche d’un rapprochement avec le pape qu’il accuse d’avoir « embrassé le Coran » et de trop s’excuser de la proximité de l’Église avec les régimes autoritaires des années 30, devient alors plus une nuisance qu’autre chose pour la fraternité lefebvriste. En 2000 il est exclu de la FSSPX pour avoir désobéi aux injonction de ces supérieurs.

N’appartenant plus à aucune institution religieuse, l’abbé Giulio Tam va alors afficher plus clairement ses opinions hostiles au Vatican et évoluer vers le sédévacantisme. Une orientation radicale qui transparaissait déjà dans sa production éditoriale mais qui n’y était pas clairement énoncée. Bien qu’il ne soit plus édité et diffusé par la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, il va poursuivre son activité éditoriale. Il sera imprimé par une association de soutien en Suisse, « Les amis de Saint François de Sales » à Sion. L’adresse de l’association est une boîte postale, cependant la propriétaire du nom de domaine amissfs.com s’appele Anne Thiessoz et réside au 10 rue Saint Guerin.

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Don Giulio Tam s’est retiré dans sa Lombardie natale à Sondrio au 1 Via Ca’ Bianca où il dispose d’une grande battisse et d’un domaine qui lui est accolé. Il continue également à distiller sa haine via un site internet dont il est propriétaire du nom de domaine et qui est entièrement consacré à ses publications. L’administrateur du site réside dans la même commune que Giulio Tam.

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 Admin City: Sondrio
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 Admin Postal Code: I-23100
 Admin Country: IT
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 Admin Fax Ext:
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 Registrant Fax Ext:
 Registrant Email:

Don Giulio Tam dispose également de comptes bancaires dans trois pays différents: en France (Banque Populaire de Lorraine, Giulio Tam, compte n° 14707 00002 00719899585 02), en Italie (Banca Nazionale del Lavoro, conto n°1569, Giulio M. Tam, 23100 Sondrio)et en Suisse (Banque Cantonale du Valais, Giulio Maria Tam, compte n° T 862.22.73).

donne ta caillasse à Giulio Tam

Notre prêtre sans ministère va à partir de ce moment là trouver un écho principalement dans les sphères catholiques sédévacantistes et chez les lefebvristes déçus de la Fraternité Saint Pie X. Le prêtre sédévacantiste belge Paul Schoonbroodt lui accordera une place de choix sur son site internet. Ce curé de Steffeshausen, excommunié en même temps que Mgr Lefebvre pour avoir soutenu ce dernier, assisté aux ordinations de 1988 et refusé de célébrer la nouvelle messe dans son Église qu’il projetait d’occuper, avait suite à cela ouvert son propre lieu de culte. Il a notamment fait parler de lui en déclarant en 1990 à propos de Franco et Salazar: « C’étaient de vrais chrétiens. Ils ont dirigé leurs pays selon les commandements de Dieu. » L’abbé Schoonbroodt a tenu de 2008 jusqu’à sa mort en 2012, le site virgo-maria.org.

Mais le principal public de Giulio Tam vas tout de même être sa famille politique de toujours. C’est à dire l’extrême-droite radicale.

La suite dans la deuxième partie.

Lire les articles précédents :
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