La désinformation par le conspirationnisme.

Comment un obscur petit bourgeois est devenu une star internationale au service des pires régimes autoritaires

Nouvel Ordre Mondial Thierry meyssan

Parallèlement à la secte d’Alain Soral, un autre individu a développé un large réseau conspirationniste, où se croisent rouges-bruns, antisémites et négationnistes. Il s’agit de Thierry Meyssan et de son Réseau Voltaire. Celui qui s’est imposé comme la figure de proue du conspirationnisme en Europe et bien au delà. S’il reste indépendant, la toile qu’il a tissé s’entrecroise étroitement avec celle d’Alain Soral. Il s’agit toutefois de l’une des seules personnes qui, à l’image de Dieudonné où Frédéric Chatillon, peut se vanter d’un partenariat avec le gourou d’Égalité et Réconciliation qui ne se résume pas à une soumission. Et pour cause! Alain Soral doit plus à Thierry Meyssan que l’inverse.

En effet, si le trio Dieudonné-Soral-Chatillon est bien connu et ceux-ci immanquablement associés les-uns aux autres, le rôle de Meyssan dans ce petit monde n’est pas à négliger. Ce dernier est depuis belle lurette devenu une star dans de nombreuses dictatures et l’un des principaux artisans des convergences internationales dans tous les domaines ayant trait au conspirationnisme. Précisons en passant que Thierry Meyssan a un peu d’avance sur Soral…

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Copinages négationnistes et premiers pas dans le conspirationnisme

Fils de bonne famille (son père est conseiller municipal de Bordeaux), Thierry Meyssan fait tout d’abord partie d’une secte néo-pentecotiste intégriste, le « renouveau charismatique », puis militant en faveur des droits des homosexuels il intègre le Centre du Christ Libérateur du pasteur Joseph Doucé (par ailleurs militant pro-pédophilie). Lors de l’assassinat de ce dernier Thierry Meyssan va laisser cours pour la première fois à notre connaissance à ces fantasmes complotistes.

Sa première création sera le projet Ornicar, il s’agit alors dejà de défendre la « liberté », celle de réalisateurs de films pornographiques particulièrement dégradants et de proxénètes (pas des travailleurs.euses du sexe, leurs amis où leurs clients hein… des mac). Deux ans plus tard, en 1994 le Réseau Voltaire succède à Ornicar et dans le même temps Thierry Meyssan devient secrétaire général du Parti Radical de Gauche et rejoint l’équipe de campagne de Bernard Tapie. Avec son Réseau Voltaire qui tient plus du cabinet privé que de l’association loi 1901, il fait un peu parler de lui comme d’un « opposant à l’extrême-droite » et aux intégristes de l’Opus Dei.

S’il est malheureusement communément admis que Thierry Meyssan a lutté contre l’extrême-droite, la sincérité de son engagement de l’époque doit être sujet à caution et il faut tout de même nuancer l’impact que l’on prête à l’action du Réseau Voltaire. On en parle plus rarement mais Thierry Meyssan s’était également fait remarquer dans sa « défense de la liberté d’expression » lors de l’affaire du négationniste Roger Garaudy. Ce sera même lui qui, en 1996, parviendra à convaincre l’Abbé Pierre de prendre la défense de Roger Garaudy.

Roger Garaudy le négationniste

Roger Garaudy

Ce dernier, philosophe stalinien, ancien leader du Parti Communiste, attribue l’origine du racisme aux juifs dans un livre intitulé « Les mythes fondateurs de la politique israélienne » et réclame l’ouverture du débat entre historiens et négationnistes (ce qui équivaudrait en somme à une reconnaissance du négationnisme de la part des historiens). Il avait déjà commis la bouse « L’Affaire Israël » en 1983 et collaborait depuis lors avec Pierre Guillaume (ancien ultra-gauche reconverti dans le négationnisme au sein de la deuxième version de la tristement célèbre librairie La Vieille Taupe), mais aussi Alain de Benoist dans la revue duquel on peut lire une interview de lui (Krisis n°3 1989). Garaudy s’était ouvertement affiché avec Troisième-Voie en 1991 lors de la guerre du golfe, il rendra visite pour l’occasion à Sadam Hussein. En décembre 1995, il participe à un colloque du GRECE. Son ouvrage négationniste paru aux édition de La Vieille Taupe fait un scandale…

Bref, pas grand chose à dire jusqu’alors sur Thierry Meyssan qui n’est qu’un sombre inconnu passé par diverses sectes et qui nourrit un intérêt certains pour la pornographie, les prédations sexuelles et la pédophilie. C’est avec le Réseau Voltaire qu’il va faire parler de lui quelques années plus tard…

En 1999, il va publier via le Réseau Voltaire une « enquête » sur le service d’ordre du Front National, le fameux Département Protection et Sécurité (micro-milice aux ordres du vieux borgne connu sous son acronyme de DPS). C’est cette publication qui va renforcer aux yeux de beaucoup son image d’adversaire sérieux du « fascisme ». D’autant plus que ses thèses sont reprises par des politiciens comme Noël Mamère ou des journaux comme Le Parisien et qu’une enquête parlementaire s’en suit. L’enquête, qui par ailleurs, si elle s’était correctement orienté, aurait très bien pu aboutir à la dissolution du parti frontiste, fut un fiasco. La théorie de Thierry Meyssan – car c’est elle qui attise les curiosités plus que de la nature même du DPS – ne tient pas et en mène plus d’un dans le mur. Celui-ci affirme en effet que le DPS aurait été mis sur pied par l’ancien président socialiste François Mitterrand et qu’il était chargé de la protection de Mazarine (la fille de Mitterrand que celui-ci n’a reconnu qu’en 1994 alors qu’elle était âgée de 20 ans).

C’est aussi approximativement en 1999 que l’on peut commencer à parler de la « dérive » (qui n’en est pas vraiment une en réalité) du Réseau Voltaire et de Thierry Meyssan. Celle-ci n’advient pas à partir des attentats du 11 septembre 2001 comme on a tendance à le penser. La véritable chronologie des accointances entre le Réseau Voltaire et des individus d’extrême-droite commence avec la guerre du Kosovo. Des rapprochements avec des individus réactionnaires ont alors lieu, comme avec le négationniste Claude Karnoouh (ci-dessous à gauche, chercheur au CNRS mais aussi auteur d’apologies du négationnisme, témoin lors du procès Faurisson que l’on retrouve aussi dans les revues de la Nouvelle-Droite) où l’historien de la nouvelle-droite Bruno Drweski (ci-dessous à droite). Notons d’ailleurs que l’appartenance avérée de Drwesky à l’extrême-droite ne l’empêchera pas d’être également sollicité pas les staliniens de la revue Mouvement ou les « gauchistes » du Monde Diplomatique.

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Rappelons aussi qu’envers et contre tout l’extrême-droite européenne est résolument et unilatéralement pro-serbe. Ainsi dès 1999 les artistes de la confusion étaient à l’œuvre, en plein conflit yougoslave on assiste par exemple au lancement par Laurent Ozon et Charles Champetier (tout deux membres du GRECE, ce dernier étant le rédacteur en chef de la revue Élément) du « Collectif Non à la Guerre ». La mobilisation contre la guerre qui bat son plein va permettre à Ozon, de Benoist, Champetier et d’autres de poser leurs noms aux cotés de ceux de personnes comme Gisèle Halimi, l’Abbé-Pierre, le chanteur Renaud…

C’est dans ce contexte particulier que Thierry Meyssan va opérer ce que certain considèrent comme un virage à 180° vers l’extrême-droite. Profitant d’un élan d’opposition à un conflit sanglant d’où émerge un mouvement au sein duquel il y a de quoi s’emmêler les pinceaux Thierry Meyssan se rapproche ouvertement de l’extrême-droite. C’est probablement en côtoyant ces individus qu’il intègre la logique confusionniste qui va faire son succès.

Deux ans plus tard les attentats du 11 septembre 2001 vont fournir à Thierry Meyssan l’occasion de passer aux travaux pratiques. Son travail de fourmi via le Réseau Voltaire où il publie des années durant des enquêtes où le vrai est souvent astucieusement mélangé au faux, a servi à lui donner une apparence suffisamment crédible. Il rédige un livre, « L’Effroyable Imposture », et met parallèlement l’outil internet à profit.

Avant de passer à la suite il faut néanmoins souligner plusieurs choses sur ce livre de Thierry Meyssan. Quand on parle de conspirationnisme un nom vient irrémédiablement à l’esprit, celui d’Émmanuel Ratier. En effet lorsqu’il s’agit de se faire une place dans le milieu, il est de bon ton, d’être validé par celui qui fait figure de « parrain ». Nous étions déjà largement revenus sur ce personnage.

Qui est Émanuel Ratier ?

Ce vieux militant dont la librairie parisienne Facta est un lieu incontournable des adeptes du nazisme et du régime de Vichy (on peut s’y procurer Mein Kampf, des exemplaires et des anthologies de revues collaborationnistes comme « Je suis partout!« …), est un pilier de l’antisémitisme ancienne école, dans sa version assumée et revendiquée. C’est donc naturellement qu’il s’est rapproché de cet antisémitisme nouvelle version qui arrive à remettre au goût du jour des auteurs que l’on pensait, chez les vieux fafs, condamnés à n’être jamais réhabilités. Sa librairie accueille régulièrement Alain Soral pour des séance de dédicace, c’était le cas lors de la sortie de « Comprendre l’empire« , mais aussi lors de celle de « Dialogue désaccordé » co-écrit avec le journaliste très réactionnaire Eric Naulleau, binôme de Zemmour chez Ruquier.

La librairie Facta semble être devenue le point de convergence de trois courants de l’extrême-droite radicale qui tendent à devenir de plus en plus compatibles, à savoir les vieux militants de l’ultra-antisémitisme autours d’Emmanuel Ratier, la secte Égalité et Réconciliation, et les principaux animateurs de la Nouvelle-Droite. Ces derniers partagent en bien des points des conceptions qui peuvent se rapprocher de celle de Ratier. Étant issus à la base des mouvements néo-fascistes de l’immédiat après guerre, ils incarnent tout comme lui à leur manière la continuité avec des protagonistes de la collaboration comme Maurice Rollet ou bien l’ancien Wafen-SS français Marc Augier (alias Saint-Loup).

Les dynamiques et la volonté qui animent les différents organes de la Nouvelle-Droite (Nouvelle Ecole, Elements, Krisis…) et la secte de Soral restent distinctes mais comparables sur au moins un axe. Mener un combat culturel sur le long terme, renouveler le corpus doctrinal de l’extrême-droite et reformuler ses principaux concepts. Sur le plan sémantique cela a pu se traduire chez la nouvelle droite par « l’ethno-différentialisme », la théorisation d’une hypothétique civilisation « indo-européenne » et d’un supposé « racisme anti-blanc ». Alain Soral dans un autre registre fait le même travail (cela devrait prochainement faire l’objet d’un article).

On voit ainsi défiler chez Facta les principaux auteurs de cette tendance, Laurent Ozon (en octobre 2014), Alain de Benoist (en Juin 2013 puis mars 2014), Guillaume Faye ( en juin 2013), mais aussi Adriano Scianca pour son livre sur CasaPound (en Fevrier 2013) , ou Alexandre Douguine le leader de ce courant en Russie (en novembre 2011). On avait même eu le droit à une session nostalgie consacrée à Dominique Venner l’année dernière.

Emmanuel Ratier a plusieurs casquettes et il est aussi l’animateur du « Libre Journal de la résistance française » sur Radio Courtoisie. C’est dans cette même émission qu’il a invité Mhedy (voir partie précédente). Un grand nombre de textes de la campagne contre Haziza slesont co-signés par Égalité et Réconciliation et la revue « Fait & Documents« . Il s’agit de la « lettre confidentielle » rédigée par Emmanuel Ratier que l’on peut se procurer sur la boutique de Soral, KontreKulture.

Ce sombre personnage est également l’auteur d’une « Encyclopédie des changements de noms » qui fait suite à son « Encyclopédie des pseudonymes« . Car il mène en réalité un travail qui ferait passer Paul-Eric Blanrue pour un amateur. Il y recense toute les personnes « juives » employant un pseudonyme ou changeant de nom pour une raison quelconque. Un travail de recensement, de fichage et de stockage qu’il étend également naturellement aux francs-maçons et à tous les opposants à l’extrême-droite. On retrouve la promotion d’une fraction de ces registres, régulièrement mis à jour, au sein de la secte d’Alain Soral pour qui Ratier fait figure de modèle dans le domaine de l’obsession complotiste antisémite.

Il faut se pencher un minimum sur l’école à laquelle Emmanuel Ratier a été formé, celle des anciens collabos comme Henry Coston et de leurs héritiers. Henry Coston était un militant nationaliste et antisémite dans les année 30. Il fut correspondant du régime nazi et de son organe Weltdienst et membre du PPF de Doriot. Durant la collaboration il est chargé par Pétain d’enquéter sur les Francs-Maçon et fonde le Centre d’Action et de Documentation ainsi que les Bulletin d’information anti-maçonnique et les Bulletin d’information sur la question juive, mais aussi, en collaboration avec des Waffen-SS la Commission d’études judéo-maçonniques. Comdamné à perpétuité à la liberation il est gracié en 1951. Il fonde la « Librairie Française » rachetée par la suite par Jean-Gilles Malliarakis fondateur de Troisième-voie et des JNR (première version qu’ils confie à Ayoub comme quoi le monde est petit…) Il lance également « Lectures Françaises » et collabore en parallèle à un grand nombre de publications d’extrême-droite. Notamment avec Dominique Venner et les fondateurs du GRECE ou de la Nouvelle-Droite quand ceux-ci publiaient encore « Europe-Action ». Et le jeune Alain de Benoist quant à lui collaborera à « Lectures Françaises » sous le pseudonyme Cédric de Gentissard. Henry Coston publie également un vaste Dictionnaire de la politique française dont Ratier se réclame, ses encyclopédies étant une sorte de continuation du travail de Coston. Yann Moncomble, mort en 1990 était un proche de Ratier. Après avoir milité à Ordre Nouveau et au FN, il sera le fondateur des éditions « Faits et Documents« , reprises à sa mort par Ratier, qui se voulaient déjà une continuation du travail de Coston.

Lire: Boneheads, survivalisme et convergences antisémites.

Il va alors se passer quelque chose d’assez étonnant. Alors qu’Emmanuel Ratier avait écrit « Les chrétiens de gauche » en 1998, où il s’en prenait notamment au réseau Voltaire et à son dirigeant, un rapprochement vas avoir lieu entre les deux hommes. Ratier ne pouvant passer à côté d’une telle occasion vas naturellement commencer à publier sur le sujet. Et, quasi-simultanément, Thierry Meyssan va calquer sa thèse sur celle du vieil héritier des pires crapules la collaboration.

La majeure partie du numéro 127 (du 1er au 15 mars 2002) de la publication d’Émmanuel Ratier, Faits et Documents, est consacrée aux attentats du 11/09:

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Faits et documents n°128Dans le numéro suivant (n°128 du 15 au 26 février 2002, que l’on voit sur l’image à gauche), Émmanuel Ratier sort du bois, il signale et salue l’ouvrage de Meyssan. Il est déjà étonnant de constater à quel point les publications de Ratier sont généralement synchronisées avec celle d’autres conspirationnistes. Même si, lorsque l’on se penche dessus, la collaboration avec Thierry Meyssan est évidente, elle fut néanmoins nécessairement plus discrète que d’autres. En effet, Thierry est jusqu’alors peu contesté parmi les « gauchistes » dont certains n’hésitent pas à s’en servir comme d’une référence et à l’aider (par exemple des membres du PCF, si tant est que l’on puisse considérer ces gens comme étant « de goche », feront partie du Réseau Voltaire jusqu’en 2005). Une collaboration trop ouverte avec une figure historique de l’ultra-droite n’aurait pas d’intérêt. Il n’empêche, même s’il ne l’assume pas encore, qu’il s’agit de l’une des principales sources de son livre sur les attentats qui ont visé le World Trade Center et le Pentagone..

Enfin, il ne faudra pas attendre longtemps (le n°131) pour voir le nom de Thierry Meyssan apparaître dans l’édito de la couverture de Faits et Documents :

Faits et documents Thierry Meyssan

La suite est connue, le passage de Meyssan chez Ardisson en 2002 va être à l’origine de sa « consécration » littéraire, et ses idées vont commencer à se répandre à une échelle qui dépasse ses espérances. Son livre conspirationniste sur les attentats du 11 septembre, « L’Effroyable Imposture », devient un best-seller.

Thierry Meyssan chez Ardisson

Thierry Meyssan va alors profiter de deux phénomènes. La brèche offerte par l’effervescense du mouvement altermondialiste dont les réferences sont souvent au mieux insuffisantes, au pire incohérentes et où se cotoie un éventail extrêmement large d’individus allant des adeptes perchés du new-age aux crypto-opéraistes du « négrisme ». Les confusionnistes et autres réactionnaires vont dès cette époque tenter de gratter une place sur le terreau fertile des nouvelles « quetes de sens » ou de la contestation plate de « l’empire ».

D’autre part la situation géopolitique internationale encore très incertaine où chacune des parties en présence cherche chez le voisin une caisse de résonance pour ses idées va être l’occasion de présenter son CV un peu partout. Il va ainsi non-seulement devenir une vedette du complotisme en occident mais également un interlocuteur pris au sérieux par plusieurs dictatures au nom d’un « anti-impérialisme » que Chomsky ne bouderait pas.

Ainsi on le retrouve en Iran dès 2002 en compagnie de Hussein Shariatmadari (ci-dessous à gauche) représentant du « Guide Suprême de la Révolution ». La traduction en persan de l’ouvrage de Meyssan est d’ailleurs financée par l’État iranien. On le verra à Abu Dhabi aux Émirats-Arabes-Unis, où le Centre Zayed de la Ligue Arabe va se charger de traduire et de diffuser gratuitement son livre. Sachant qu’il s’agit des mêmes financements dont avait bénéficié Roger Garaudy, on peut aisément se douter de qui a pu jouer les intermédiaires.

Toujours en 2002 Meyssan est à Beyrouth au Liban où il sera reçu par Nawaf Al Moussaoui (ci-dessous à droite), délégué général du Hezbollah pour les relations extérieures.

Meyssan Hussein Shariatmadari

Avec Nawaf Al Moussaoui, délégué général du Hezbollah pour les relations exterieures

 

 

 

 

 

 

Thierry Meyssan écrit un nouveau livre dans la foulée du premier, « Le pentagate ». Pour cet opus les collaborateurs de Meyssan brillent soit par leur manque de sérieux, soit par leur parcours douteux. Outre Émmanuel Ratier dont on a déjà parlé, il va collaborer avec deux personnages qui valent le détour. Le premier, Pierre-Henri Bunel, est un ancien officier des renseignements français arrêté en emprisonné en 1998 pour trahison. Alors qu’il était chef de cabinet du représentant français à l’alliance Atlantique-Nord, il avait transmis aux agents des services serbes les plans et les objectifs de l’OTAN. Il semblerait qu’il partageait avec Meyssan certaines convictions et sentiments pro-serbes (où simplement anti-américain ?). Toujours est il qu’on le retrouvera à plusieurs occasions dans l’entourage de notre promoteur du conspirationnisme.

Pierre Henri Bunel

Un autre ancien agent véreux (des RG cette fois-ci), Hubert Marty-Vrayance, aurait d’après certains participé aux délires de Meyssan. Cependant, si il est certain qu’il nourrissait des idée conspirationnistes il n’y a par ailleurs aucune preuve de cette collaboration (les affirmations de certains journalistes et auteurs sur ce point comme sur d’autres reposent exclusivement sur des « on dit » émanant de certains protagonistes eux-mêmes où de proches).

Stéphane Jah

Le second Stéphane Jah est un ancien sous-officier du 44e d’infanterie (qui deviendra un support de la DGSE à la même époque) plusieurs fois médaillé, employé comme chauffeur chez Ford qui aime se donner des airs mystérieux.

Et pour cause ! Il s’agit d’un véritable obsédé des services de renseignement et autres barbouzeries. Au point d’avoir fait l’acquisition du nom de domaine dgse.org (sous le nez de ladite DGSE, les services secrets français) où il recense, compile et classe tout ce que l’on peut trouver sur le sujet… Comme nous aurons l’occasion de le montrer il s’agit ni plus ni moins d’une version barbouzarde d’Émmanuel Ratier.

Toujours est-il qu’en l’espace de cinq ans Thierry Meyssan connait une ascension fulgurante. Il passe du statut d’obscur défenseur de la liberté d’expression des réalisateurs de films pornos et des négationnistes, au rang de star internationale de la lutte contre les États-Unis et le sionisme, soutenu par divers régimes autoritaires. Malheureusement Meyssan ne s’arrête pas en 2002…

Géopolitique, subversion et désinformation, le camarade Meyssan choisis son camp.

À partir de ce moment là, il va s’agir pour Thierry Meyssan de jouer de sa notoriété fraîchement acquise et de réinvestir le capital financier qu’il a accumulé afin de se maintenir dans un paysage géopolitique fluctuant. Le Réseau Voltaire va alors devenir un véritable agrégateur de théories fumeuses, du complot judéo-maçonnique aux OVNI en passant pas les élucubrations complotistes sur l’origine du SIDA, tout y passe.

Secondé par Alain Benajam (ci-dessous, patron depuis 1995 d’une curieuse entreprise « intermédiaire du commerce » à Saint Denis), Sandro Cruz (péruvien, correspondant européen de l’Agencia informe de prensa internacional) et Jean-Claude Ramos (ancien député PS dans l’Essonne) Thierry Meyssan va multiplier les collaborations.

Alain Benajam

Ainsi dès 2002 on retrouve à ses cotés Pierre Hillard, complotiste et catholique d’extrême-droite qui publie alors sa prose chez les intégristes des Éditions François-Xavier de Guibert.

Pierre Hillard Réseau Voltaire

Le Réseau Voltaire va se doter de ses propres moyens de diffusion qui lui serviront également d’entreprise écran pour faire transiter des fonds en provenance de l’étranger. Les éditions Timeli sont fondées à Genève (au 13 rue Maunoir) par Sandro Cruz en 2003, elles serviront par la suite à éditer un certain nombre de contributeurs du Réseau Voltaire. En mai de la même année, Thierry Meyssan ouvre sa propre maison d’édition, les Éditions Thomas Paine étrangement située à la même adresse que l’entreprise d’Alain Benajam, le 8 rue Auguste Blanqui à St Denis.

L’Amérique latine et le régime du caudillo Chavez

En Amérique latine le Réseau Voltaire va se lier avec des correspondants parfois peu reluisants. Ainsi au Chili, il met la main sur Ernesto Carmona, journaliste conspirationniste, secrétaire executif de la Federación Latinoamericana de Periodistas qui deviendra plus tard un bon copain de Michel Collon. L’agence de Thierry Meyssan va également intégrer Manuel Cabieses Donoso et sa revue bimensuelle Punto Final. Au Mexique le professeur et journaliste (dans le quotidien La Jornada), antisémite notoire d’origine libanaise Alfredo Jalife-Rahme et son ami Miguel Badillo vont se joindre à la troupe y intégrant leur revue, Contralínea, qu’ils viennent de créer.

alfredo jalife-rahme Réseau Voltaire

Miguel Badillo Réseau Voltaire

 

 

 

 

 

Enfin avec le Venezuela de Hugo Chavez, Meyssan peut se vanter d’avoir très tôt flairé le bon coup. Le caudillo de Sabaneta qui règne sur le pays depuis 1998 et qui a instauré en deux ans sa « république bolivarienne », sort tout juste d’une situation délicate. En avril 2002 le coup d’État mené par Pedro Carmona l’écarte brièvement du pouvoir. Cependant la situation géopolitique et économique de l’Amérique latine va conduire les militaires à remettre Chavez en place. Ce dernier à besoin de soutiens et de propagandistes, pour instaurer une version officielle des événements où il a les honneurs mais aussi renforcer son image d’opposant à « l’imperialisme ». Et Thierry Meyssan va évidemment pointer son nez.

Meyssan Chavez

Il s’y trouve des correspondants dans les personnes de Aram Aharonian et Roberto Hernández Montoya. Il ne s’agit pas de n’importe qui puisque le premier est directeur de l’Agencia Latinoamericana de Información y Análisis-Dos (ALIA-2 agence de presse chaviste) et la revue Question et le second est président de la Fundación Centro de Estudios Latinoamericanos Rómulo Gallegos, institution dépendante du ministère de la culture du régime. Le réseau Voltaire va donc diffuser Question, la publication à laquelle ils contribuent tout deux par des articles à la gloire du caudillo de Sabaneta.

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À titre d’exemple dans un article du 13 septembre 2004 modestement intitulé « Au Venezuela l’extraordinaire est devenu quotidien. » publié sur le site du réseau Voltaire. Roberto Hernández Montoya relayait ainsi, quasiment mot pour mot, la propagande produite par le régime de Chavez, perpétuant les mensonges de la « république bolivarienne ». Extraits:

L’autre événement historique a été le retour au pouvoir du Président Chávez quelques heures après qu’il ait été renversé en avril 2002. Cela a été l’effet d’une révolte pacifique populaire et civile et militaire. La seule arme que le peuple a brandi pendant ces heures d’angoisse devant les casernes et devant le palais présidentiel a été la nouvelle Constitution.[…]

Mais au Venezuela on a une situation assez particulière qui nous distingue de la plupart de l’Amérique Latine : c’est la composition sociale de l’armée. Ce n’est pas une armée aristocratique comme il arrive dans d’autres pays. Notre oligarchie est si lâche qu’elle ne s’occupe pas de l’armée. Les casernes c’est pour les pauvres, pour les métis. Cela a créé une situation dans laquelle l’armée est un peu, comme disait Mao, au sein du peuple.[…]

Il incarne l’âme du peuple comme personne ne l’a fait depuis Simón Bolívar. Et c’est pour cela que j’ai tant de coïncidences avec lui. Mais comme ce n’est pas une révolution stalinienne on a droit à la dissidence

Or, à l’image de ces extraits, la quasi-intégralité de ce qui est affirmé dans cet article est faux. La version qui est donnée du retour au pouvoir de Chavez après le coup d’état du 11 avril 2002 ne correspond en rien à la réalité. C’est bel et bien la version officielle construite par le régime en place qui est reproduite. La filiation entre Hugo Chavez et Simon Bolivar, la représentation de l’armée vénézuélienne « proche du peuple » telle qu’elle nous est faite, relèvent également du fantasme entretenu par la propagande des chavistes et de leurs soutiens. Nous invitons vivement ceux qui ne seraient pas familiers de la situation vénézuélienne à lire : Le mythe de la nature démocratique des Forces armées vénézuéliennes, un texte d’Humberto Decarli sur la réalité du Venezuela sous Chavez qui s’attaque justement aux mythes en question.

Plus tôt la même année, Aram Aharonian quand à lui écrivait le 27 mai 2004, « De la guerre médiatique à la lutte armée ». Un article où il prédisait une guerre impérialiste imminente contre son idole, le caudillo Chavez. Elle serait déclenchée par la Colombie et ses paracos sur ordre de Washington. Une guerre qui, plus de 10 ans plus tard n’a toujours pas eu lieu…

Sur le régime de Chavez nous avons égallement compilé trois texte dans: À propos d’Hugo Chavez, un dictateur à la mode...

Les ayatollah iraniens et leurs supplétifs syriens et libannais

Par ailleurs Thierry Meyssan ne vas pas se contenter de ces quelques investissements en Amérique latine, ses liens avec le régime islamique en place en Iran et ses subordonnés au Liban et en Syrie se renforcent. Rappelons que c’est eux qui l’ont propulsés sur le devant de la scène internationale. Et cela ne doit rien au hasard.

Ayatollah pasdarans

Malgré le fait que les réformistes et les religieux « modérés » (si tant est que cela existe) aient approché le pouvoir dans une parodie de démocratie ils se heurtent au clergé et aux composantes conservatrices de la société iranienne. Mahmoud Ahmadinejad, maire de Téheran, s’apprête à prendre le pouvoir, soutenu par les ayatollahs du Conseil des gardiens de la Constitution (véritables détenteurs du pouvoir avec le Guide Suprème) et les Bassidjis (force d’élite paramilitaire fanatisée fondée par l’ayatollah Khomeiny). En juillet 1999 les révoltes étudiantes ont été réprimées dans la violence. Et depuis la reconduction des réformateurs en 2000, des résultats électoraux sont arbitrairement invalidés, de nombreux journaux sont fermés, des journalistes emprisonnés…

Bassidjis Iran Pasdarans Ayatollah

Au pays des Ayatollahs, la situation des droits humains est déplorable. Les Pasdarans (corps des Gardiens de la révolution islamique auquel appartiennent les Bassidjis) l’armée parallèle du régime islamique, véritable État dans l’État, contrôlent de vaste zones et des points-clef de l’économie, échappant à tout contrôle. Ils font régner la peur et s’assurent que le pays se maintienne dans l’obscurantisme et que la loi islamique règne. La moindre contestation du régime est immédiatement réprimée dans la violence par les Bassidjis, les emprisonnements arbitraires et la torture sont monnaie courante tout comme la peine de mort et les lapidations (113 exécutions capitales en 2003, 159 l’année suivante d’après Amnesty International). La liberté de la presse est quasi-nulle tout comme la liberté d’association. Les minorités lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles sont exposées au supplice du fouet ou à la peine de mort. Les minorités kurdes, juives, baha’is sont particulièrement et constamment persécutées…

Afghanistan-2001-moudjahidin

Après le 11 septembre 2001, les américains ont envahi massivement l’Afghanistan et entamé une guerre contre les Talibans. Avant que les américains ne s’intéressent à ce pays, les principaux soutiens à la résistance afghane étaient à Moscou et Téheran. L’Iran soutenait activement plusieurs groupes armés afghans (principalement le Jamiat-i Islami et le Parti unitaire islamique d’Afghanistan, mais aussi le Mouvement islamique d’Afghanistan), leur fournissant notamment des mines antipersonnel. Ces groupes, qui appartiennent au Front Uni se sont rendu systématiquement responsables de crimes contre l’humanité durant les combats (attaques de cibles civiles, exécutions sommaires de masse, pillages et viols systématiques…)

Les intérêts iraniens en Afghanistan sont importants et la chute du régime des talibans, sunnites, les arrange. Mais la présence de l’armée américaine un peu moins, d’autant plus qu’en 2003 cette dernière envahit également un autre de ses voisins, l’Irak. Il faut ajouter à cette situation que depuis 2002, le régime des ayatollahs figure sur la liste restreinte des pays appartenant à « l’axe du mal » d’après l’administration Bush.

Thierry Meyssan de par son implication volontaire aux cotés du régime Iranien et de leurs alliés russes, va être un élément clef dans le jeu de ce qu’il convient d’appeler la « diplomatie parallèle » (comprendre par là celle des barbouzes et des services secrets). Il s’agit pour l’Iran de mener préventivement une guerre de l’information d’une part et de subversion d’autre part.

Dans les années 80, des dirigeants militaires iraniens comme Ali Fallahian où Hachemi Rafsandjani ont su habilement mener leur jeu diplomatique, en créant le Hezbollah, en sponsorisant parallèlement divers groupes terroristes (islamistes, fascistes, mais aussi gauchistes), voir en commanditant eux-mêmes des attaques meurtrières contre les représentations occidentales au Moyen-Orient. Au regard de la situation d’alors leur stratégie à besoin d’un sacré dépoussiérage.

VEVAK Vevak Vezarat-e Ettelaat va Amniyat Keshvar

Ainsi sous l’égide de la VEVAK (Vevak Vezarat-e Ettelaat va Amniyat Keshvar, services secrets iraniens) va se mettre en place une vaste riposte.

Pour mener son travail d’espionnage, de contre-espionnage et de traque des moudjahidines ainsi que des opposants, la VEVAK dispose d’un vaste réseau de renseignement dans les pays occidentaux, via des couvertures diplomatiques, médiatiques où caritatives, parmis les soutiens du Hezbollah, mais aussi du fait qu’elle pratique régulièrement des pressions sur la diaspora iranienne (beaucoup ont de la famille restée en Iran) pour recruter des agents où des informateurs. Ses services sont solidement implantés en Syrie et au Liban où ils exercent une influence majeure et téléguident le Hezbollah qui leur fait office de bras armé. Pour le reste les opérations extérieures sont souvent menées conjointement avec les Pasdarans (ceux-ci disposent de la force autonome Al-Qods régulièrement associée au VEVAK) qui prennent en charge la partie « action ».

Cependant la VEVAK a d’autres spécificités, elle dispose du « nefaq«  un bureau spécialisé dans la désinformation rattaché à son département « Analyse et stratégie ». Au début des années 2000 ce service secret va lancer de fructueuses opérations d’infiltration, de noyautage et de désinformation au sein de la résistance. Il va également créer de toutes pièces des mouvements d’opposition au régime en place, toujours dans ce même but d’intoxication. Ces opérations vont participer à neutraliser une bonne partie de leurs adversaires, cependant ce n’est pas suffisant. Les campagnes de désinformation de la VEVAK vont également s’attaquer à l’opinion publique occidentale.

C’est ici qu’intervient Thierry Meyssan. Ce dernier voyage régulièrement en Iran où il rencontre de haut responsable du régime et reçoit d’importantes sommes d’argent auxquelles il faut ajouter un sacré coup de pouce au niveau de sa carrière. Dès la sortie de son livre il a, comme on l’a vu, été approché par des représentants du « guide suprême » et des chefs du Hezbollah. Outre Hussein Shariatmadari ou Nawaf Al Moussaoui dont nous avons déjà parlé, Thierry Meyssan rencontre Mahmood Mohammadi Araqi (ci-dessous à gauche) le président de l’Organisation des Relations Culturelles et Islamiques ou encore Ali Laridjani (ci dessous à droite) qui cumule les fonctions de membre du Conseil de Sécurité Iranien, du Conseil de Discernement et Président de la radio-télévision nationale. Les oeuvres de Meyssan ont été diffusée très largement et gratuitement par Téhéran.

Thierry meyssan Mahmood Mohammadi Araqi président de l’Organisation des Relations Culturelles et IslamiquesThierry Meyssan et Ali Laridjani, membre du Conseil de Sécurité Iranien, membre du Conseil de Discernement et Président de la radio-télévision nationale

 

 

 

 

 

 

 

Il vas égallement etre reçu en décembre 2002 chez le principal allié de l’Iran, la Russie de Poutine. Il se rendra à l’Institut pour le Développement de la Presse de Moscou sur l’invitation de Boris Kagarlitsky (ci-dessous à gauche), un rouge-brun notoire qui défilait à peine un mois plus tôt sur la place Pouchkine avec les nationaux-bolchéviques. Kagarlitsky rejoindra par la suite le Réseau Voltaire (voir l’article : Une taupe réactionnaire dans les mouvements sociaux).

Meyssan à l’Institut pour le développement de la presse, à Moscou_resultat

La propagation à travers le monde du discours conspirationniste de Thierry Meyssan va ainsi être favorisé et encouragé par l’Iran et ses amis. Tout ceci rentre dans le cadre d’une opération d’intoxication bien plus vaste mais l’auteur de « L’effroyable imposture » et l’engouement que suscitent ses activités vont néanmoins devenir un élément important dans la stratégie de la « république islamique ». En effet sa compétence en falsification de la réalité et son imagination débordante vont être largement sollicitée durant la décennie suivante.

Par ailleurs l’un de ses proches collaborateurs, Stéphane Jah (sus-cité), se révèle être un agent au service de l’Iran. Il est arrêté et incarcéré en 2003 pour avoir tenté de « retourner » des agents français au profit de la VEVAK. Parmi les personnes que Jah tente de soudoyer on retrouve Bunel (également sus-cité) et c’est ce dernier, que la perspective de récidiver ne semble pas enchanter, qui le dénonce. Pour la petite histoire Stéphane Jah restera derrière les barreaux jusqu’en 2005, il est aujourd’hui responsable d’exploitation de l’entreprise de sécurité Comodor-Protection.

Si il ne fait aucun doute que Thierry Meyssan vas être sponsorisé par les dirigeants iraniens, dans un premier temps ces derniers ne vont pas l’employer ouvertement à la défense de leurs propres intérêts. Meyssan vas tout d’abord se mobiliser auprès de leurs supplétifs libano-syriens.

Les avant postes du conflit israélo-palestinien tout comme ses bases arrières sont une destination de choix pour déblatérer sa prose paranoïaque et antisémite devant un public conquis, tout en se parant d’un vernis « anti-impérialiste/sioniste » pour son public occidental. Et certains acteurs de ce conflit incarnent une collaboration rêvée pour Thierry Meyssan, ce dernier ne va pas avoir de mal à s’entendre avec eux sur le fait que les campagnes à son encontre sont le résultat d’une machination « américano-sioniste ».

issa el ayoubi PSNS Réseau Voltaire Liban

Ainsi le prince Issa el-Ayoubi devient le vice-président du Réseau Voltaire. Il s’agit ni plus ni moins du directeur du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel au Liban, de la radio libanaise « Saout al Horriya » (en français la Voix de la liberté) et d’Intelligencia (magazine géopolitique libanais). Issa el Ayoubi se fera remarquer dans les médias français en 2004 comme défenseur de la chaîne du Hezbollah libanais Al-Manar interdite après avoir diffusé une adaptation télévisée du Protocole des sages de Sion.

Mais c’est aussi l’un des dirigeants du Parti Social-Nationaliste Syrien, (PSNS), fondé en 1932 sur le modèle du NSDAP allemand. C’est dans cette entité phalangiste que militait le père de Hassan Nasrallah (le dirigeant du Hezbollah). Avec environs 120 000 membres dans les deux pays, le PSNS est l’un des seul partis autorisés en Syrie sous le régime du dictateur Bachar el Assad, c’est le principal allié du Hezbollah au Liban et il dispose de sa propre milice qui combat aux cotés de ses alliés (il a montré, par exemple qu’il avait la capacité de mobiliser plusieurs milliers d’hommes quand il s’agit d’attaquer Israël). Outre le fait qu’il illustre parfaitement bien la réalité de l’implantation de partis militarisés (on devrait même parler de phalanges) à caractère purement et simplement fascistes dans cette région et dans l’opposition armée à Israël, le PSNS s’est aussi fait connaître en envoyant une de ses militantes, Sana’a Mehaidli commettre le premier attentat suicide féminin en 1985.

Thierry Meyssan qui entretenait déjà des contacts avec le Hezbollah continue de remplir son carnet d’adresses au moyen-orient.

PSNS

PSNS

Il commence d’ores et déjà à parfaire son discours pour défendre le régime baasiste de Bachar el-Assad qui a succédé à son père au pouvoir en 2000. À partir de 2003 el-Assad junior marche d’ailleurs clairement dans les traces de son géniteur et la Syrie reste un pays vivant sous une dictature.

Thierry Meyssan, qui s’est assuré de généreux financements, a désormais du pain sur la planche et il ne vas pas chômer…

La suite dans la deuxième partie…

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