Au delà de la victoire et de la défaite

Texte des occupants de l'école polytechnique suite à la victoire de la greve de la faim de Nikos Romanos

Le prisonnier anarchiste Nikos Romanos, mettant en avant le seul moyen disponible dans le confinement de la prison, son corps, a mené une lutte acharnée et décisive à partir du 10/11/2014, exigeant un souffle de liberté. En utilisant les contradictions du système juridique, il a confronté et exposé ces contradictions. L’État, tout en maintenant une position absolue envers sa grève de la faim jusqu’au 6 décembre, lorsque la polémique contre l’ État a atteint un point culminant, a reculé et a été conduit à un changement dans le cadre juridique concernant le congé-éducation pour les prisonniers.

Le réajustement de l’arsenal juridique est ambigu. Premièrement, prisonniers politiques auront la possibilité de prendre des congés éducatifs lorsque ils portent le bracelet. L’État a reculé en ce qui concerne la lutte de Nikos et de le mouvement de solidarité, ce qui est une victoire du mouvement contre la force du gouvernement. D’autre part, les congés d’études de prisonniers en attente de jugement sont maintenant inclus dans le régime, récemment édicté de contrôle numérique, ce que l’on appelle le bracelet. La perspective pour le système pénitentiaire de distribuer des peines avec plus de facilité à une plus en plus grande partie de la population semble gagner du terrain et de la légitimité. Cependant, ce n’est pas une tactique explicitement agressive, plutôt une condition du compromis que l’état a été forcé de faire.

La gauche institutionnelle, qui, de toute façon, agit comme un filet de sécurité pour le système, a été, dans ce cas particulier, un catalyseur dans la restructuration du cadre institutionnel de telle manière à renforcer le contrôle et la répression et à désarmer ceux qui résistent. Les réformistes, en abusant la grève de la faim de Nikos, ont tenté de minimiser une lutte purement politique en un problème humanitaire. La demande d’éducation comme une valeur sociale suprême n’est rien d’autre qu’une tentative de dé-politiser la lutte pour la liberté.

La grève de la faim de Nikos a été cruciale pour l’émergence et la convergence des diverses mobilisations, parce que le camarade a vigoureusement défendu des visions plus totales et radicales qui réveillent les refoulés, inspirant des perspectives de victoire. Un prisonnier rebellé anarchiste, activement connecté au fil de la révolte et qui résiste jusqu’à la fin, réveille ce qui ne peut être mis à profit. Le mouvement de solidarité qui a été agité a eu des caractéristiques massives, parce que la lutte de Nikos a touché une partie des refoulés qui ont reconnu dans sa lutte leur propre lutte pour vie et dignité. La lutte de solidarité a gagné du terrain en libérant des bâtiments publics à travers tout le pays, qui fonctionnaient en tant que centres de mobilisation et de diffusion de l’ action. De cette façon, elle a réussi à renverser en un rien de temps le régime totalitaire du contrôle de l’État sur l’espace public qui s’est intensifiée depuis la révolte de décembre 2008. Les espaces collectifs de résistance occupés ont créé un gisement pour un monde de liberté et d’auto-organisation. Les initiatives agressives constantes, malgré le fait qu’ils étaient à la traîne dans le temps et l’intensité de l’esprit que le camarade [Nikos Ndlr] a projeté, étaient un rappel que les refoulés sont capables de braver le terrorisme d’État.

Le mouvement de solidarité grimpant a fonctionné comme une menace, forçant les « représentants du peuple » à utiliser des méthodes de décompression, comme les éléctions anticipées. C’est un moyen pour l’Etat d’esquiver la confrontation imminente avec les parties résistantes de la société. Nous devons noter que la réapparition de la révolte que Nikos a enflammé était le facteur critique, qui, dans le remaniement actuel du régime en a forcé l’Etat à abandonner sa façade d’une scène parlementaire contestataire en y opposant un front uni.

L’état, tout en passant par une crise politique profonde, essaye d’éviter l’ affrontement et a donc gardé une position défensive durant tous ces jours. Cependant, l’effort pour restaurer la façade démocratique corrodée du pouvoir signifie l’intensification de l’agression de l’État et du capital venant de toutes les forces du spectre de l’établishment. La gauche institutionnelle en particulier, tout en essayant d’assimiler la résistance dans le jeu institutionnel, joue un rôle de premier plan pour saper la lutte. Pour ces raisons, nous reconnaissons non seulement que rien n’est fini, non seulement que tout continue, mais que nous devons renforcer notre contre-attaque sur la civilisation de la prison et de l’exploitation. Ne laissons pas, même pas pour un instant, s’ installer le silence mortel du consentement plasmatique.

 LIBERATION IMMEDIATE DES DETENUS DU MOUVEMENT DE SOLIDARITÉ ET FIN DE TOUTES LES PERSECUTIONS

RÉVOLUTION PERMANENTE SANS ARRET
 
RÉVOLUTION PERMANENTE SANS ARRET
 
JUSQU’À LA SUPPRESSION DES PRISONS DE HAUTE-SECURITE
 
JUSQU’À L’ ABOLITION DES LOIS ANTI-TERRORISTES
 
JUSQU’À LA LIBERATION DE TOUS LES COMBATTANTS CAPTIFS
 
JUSQU’A LA DEMOLITION DE LA DERNIÈRE PRISON

OCCUPATION DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE – 11/12/2014

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Fascisme Bolchevisme
La lutte contre le fascisme commence par la lutte contre le bolchevisme (Otto Rühle)

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